Entre le dire et le faire des socialistes : un gouffre

L’actualité a livré récemment deux illustrations parfaites du fossé – que dis-je ?, du gouffre – qu’il peut y avoir entre les déclarations et les actes des socialistes. Pourtant, parangons auto-déclarés de vertu, ils ne cessent de faire la leçon à ceux qui ne sont pas de leur bord et de porter, tels des étendards, les mots de morale, de justice, d’exemplarité.

C’est ainsi qu’Aquilino Morelle, ancien conseiller à l’Elysée où il consacrait beaucoup de son temps à faire lustrer ses souliers, a travaillé pour des laboratoires pharmaceutiques quand il était en poste à l’Igas (Inspection générale des affaires sociales). Cela en totale infraction avec les règles déontologiques.

Pourtant le même Morelle s’était exprimé en mai 2011 dans la revue Esprit sur les conflits d’intérêts qui « n’ont pas été traités avec assez de rigueur ». Il souhaitait « des sanctions en cas de non-déclaration » et « un changement profond des mentalités » afin d’éviter de nouvelles affaires comme celle du Mediator.

Autre exemple, celui de Jérôme Cahuzac qui a organisé, presque de manière industrielle, la fuite d’une partie de ses revenus en Suisse, à l’Île de Man, à Singapour via le Panama et les Seychelles, en Angleterre, pour les soustraire à l’appétit insatiable du fisc. Mais, dans le même temps, alors qu’il était ministre du budget, il préparait un grand plan de lutte contre la fraude fiscale.

Le cas de Jean-Christophe Cambadélis, bien que moins connu, est également exemplaire. Le premier secrétaire du Parti socialiste et député de Paris est un défenseur acharné de ce qu’il appelle « l’école de la République ».

Ainsi, sur son blog, le 29 janvier 2010, déclare-t-il :

« Parce que je soutiens l’école de la République, j’appelle à la manifestation lancée par plusieurs syndicats, associations d’enseignants et de parents d’élèves, le Parti Socialiste qui se tiendra demain, samedi 30 janvier 2010 de la Place de Denfert-Rochereau à Paris. »

Le 2 juillet 2010, il insiste :

« […] l’école de la République est, à mon sens, le lieu fondamental de processus de socialisation, d’apprentissage des savoirs, mais aussi un espace de construction personnel et professionnel pour chacun des élèves […] ».

Et, un peu plus loin dans le texte, il affirme :

« Mon attachement à l’école de la République, publique, laïque est sincère et réel […] ».

Voilà qui est clair. D’ailleurs, chaque année, il adresse au minimum deux « lettres à l’ensemble de la communauté éducative », l’une en septembre pour lui souhaiter une bonne rentrée, l’autre en juillet pour la remercier du travail accompli durant l’année et lui souhaiter de bonnes vacances.

Tout cela doit flatter l’électorat de base du Parti socialiste. Mais les actes de Monsieur Cambadélis sont-ils en accord avec ce qu’il exprime publiquement ? Scolarise-t-il ses enfants à l’école publique ? Ou au contraire ceux-ci fréquentent-ils un établissement privé catholique, en l’occurrence celui que fréquente ma fille ? Vous devinez ce que doit être la bonne réponse à cette dernière question.

Alors, si tout cela vous désespère, je vous conseille la biographie de Jean-Christophe Cambadélis, toujours sur son blog. Il y évoque son enfance à la troisième personne du singulier :

« Jean-Christophe Cambadélis est né le 14 août 1951 à Neuilly sur Seine. Son père diamantaire d’origine grecque et sa mère picarde employée à la Banque de France sont rapidement partis chercher fortune au Canada. Le jeune Jean-Christophe tombera là-bas du 3ème étage de son immeuble et se relèvera sans une égratignure, obtenant au passage son premier papier dans la presse et sa première interview.

De retour en France avec sa sœur et sa mère, séparée de son mari. Il retrouve l’école à Bondy où on lui attache la main gauche dans le dos pour qu’il écrive avec sa main droite. Ce « gaucher contrarié » en gardera une profonde dyslexie qui l’handicapera longtemps. Mais la vocation était là, il sera à gauche. »

Avouez que cela mérite d’être lu dans les moments de grande déprime, c’est-à-dire dès maintenant.

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