Jusqu’où ira notre ami (H)Uber(t) ?

On a l’impression que c’est tous les jours la fête de Saint-Hubert, pourtant fixée officiellement au 3 novembre. Vous avez compris qu’est évoqué Uber, le désormais célèbre « transporteur » qui, après les personnes, s’intéresse aux repas. Mais l’ « ubérisation » se répand à grande vitesse, atteignant désormais le secteur du conseil.

Saint-Hubert, vous connaissez ? Célèbre patron des chasseurs et des forestiers, il est aussi celui des opticiens et des mathématiciens. Quant à Uber, qui jusqu’à preuve du contraire n’est pas encore un saint même s’il a de nombreux followers, il « menace » tout entrepreneur d’ « ubérisation », obligeant ce dernier à se mettre en chasse, à être clairvoyant et à bien calculer…

Blague à part, on a découvert hier matin, qu’Uber se lance dans la livraison de repas en France, après avoir offert ce service aux États-Unis et au Canada. Voici donc un nouvel acteur sur ce marché où les Alloresto, Delivreoo, Take Eat Easy ou Foodora se livrent déjà une concurrence acharnée. La notoriété et la puissance d’Uber risquent de faire mal, en laissant peut-être certains sur le carreau.

Comme le disait Maurice Lévy, le patron de Publicis et inventeur du néologisme, l’ « ubérisation » est partout. De fait, la question pour une entreprise aujourd’hui n’est pas de avoir si elle va être « ubérisée », mais quand elle le sera.

Des professions que l’on pensait à l’abri de tels déboires sont chaque jour touchées. Par exemple, la comptabilité ou la paye peuvent se faire désormais à moindre coût sur Internet. Et le droit n’échappe pas à l’arrivée de nouveaux acteurs.

Certes, les professions juridiques veillent depuis toujours à empêcher l’exercice illégal du droit. Nombre de cabinets de conseil en ressources humaines sont ainsi sous la surveillance étroite des avocats en droit social, seuls habilités à délivrer des conseils juridiques. La frontière entre les deux disciplines est, il faut bien l’avouer, parfois étroite lorsqu’il s’agit d’élaborer, par exemple, une stratégie de négociation face aux représentants du personnel.

Il eût donc été étonnant que de nouveaux acteurs n’émergent pas sur le web pour concurrencer les avocats. Didier Adjedj du Conseil national des barreaux (CNB) estime que « plus d’une centaine de sites braconnent le droit » (tiens, revoilà Saint-Hubert). Le CNB a ainsi fait condamner plusieurs sites comme Divorce Discount ou Avocats.net. D’autres sites perdurent, surfant sur la vague étroite des actes automatisables, comme l’établissement d’un pacte d’actionnaires, ou d’un contrat de travail.

Mais, le CNB ne se contente pas de ces actions en justice. Il lancera, au mois de mai, une plateforme en ligne avec une première consultation gratuite pour questions simples, une information complète, une liste d’avocats spécialisés par zone géographique avec prise de rendez-vous possible en ligne, et aussi des consultations payantes pour des questions complexes.

Yann Rousselot-Pailley, Français établi au Québec, entend, lui, tailler des croupières aux Deloitte, KPMG et EY. Avec sa société 2ps.com, il veut permettre aux PME d’être accompagnées par des consultants sans pour autant débourser des milliers d’euros par jour. Son site fonctionne comme une bourse de consultants, mais, grâce aux algorithmes, il propose aux entreprises un expert et un service adapté à leur problème particulier. Des consultants qui sont d’autant mieux référencés qu’ils ont eux-mêmes prescrit l’intervention d’autres membres de la plateforme à chaque fois que c’était nécessaire.

Bref, le consultant avoue ne pas tout savoir et s’adjoint les compétences d’autres membres du réseau pour aider le client. Comme si, pour reprendre l’exemple de tout à l’heure, consultants en ressources humaines et avocats en droit social travaillaient main dans la main, sans arrière-pensées…

On attend maintenant la réaction des Fat Four

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